Cela fait maintenant quasiment un mois que je ne me déplace qu’uniquement en vélo en ville, alors qu’avant je “mixais” les moyens de transports. Je voudrais partager cette expérience un peu personnelle parce que je crois qu’elle pourrait bénéficier à pleins de gens.
On pourrait dire ça. Parce que c’est vrai qu’à l’origine, rien ne pourrait pousser quelqu’un à faire du vélo.
Bon, et encore pleins d’autres raisons, car, c’est bien connu, il est plus facile de critiquer plutôt que de trouver une solution.
Et puis cette année, j’ai décroché un job très loin de chez moi. Résultat : 1h30 de transports en commun en bus, la moitié debout. J’arrivais souvent en retard à mon emploi, stressé, énervé.
J’ai rencontré un type à mon mur d’escalade qui fait du vélo à l’année. Jusqu’à maintenant, ce qui me retenais, c’était la transpiration et les grandes allées impraticables. Ben je dois le remercier, parce qu’il m’a convaincu que ces problèmes avaient une solution, et il avait raison. Je me suis acheté un coupe-vent, que je porte tout le temps. Un pull en dessous suffit. Je ne met plus aucune autre veste ou manteau…
Des gants, une tuque, une écharpe, et le tour est joué, vous pouvez pédalez jusqu’à moins -5° C.
Un autre aspect que j’ai redécouvert avec le vélo comme mode de transport urbain : l’importance du muscle de la volonté. Car ouais, il en faut, pour y aller quand il fait froid dehors, qu’il est 8 heures du matin, et qu’on a 13km à faire sur les routes. Je ne veux pas frimer en disant cela, comprenez bien. Mais faire travailler sa volonté amène des vertus en route, la patience, et un certain recul sur nos vies, nos actions, notre style de vie. La réalisation interne de la petitesse de nos âmes, et de l’importance du courage.
Faire du vélo, c’est militer, c’est respirer, c’est s’amuser, c’est donner son avis, c’est faire réfléchir les autres. C’est aussi une galère, que l’on accepte dans un choix conscient, et qui vient chercher en nous un sentiment oublié. Quand le carburant, c’est le petit dej’ et que le moteur c’est tes cuisses, on retrouve une joie ancestrale, et le sentiment d’accomplissement qui accompagne chaque kilomètre parcouru.
Bon, je ne suis certainement pas le mieux placé pour faire l’éloge de ce moyen de transport puisque d’autres l’on fait bien avant moi, et bien mieux que moi probablement. Je ne suis pas un cas isolé, mais le membre d’une communauté de gens, qui croivent qu’on peut soigner son corps, sa ville et sa planète en pédalant. Je ne juge personne, je ne suis pas un terroriste creveur de roue de voiture. J’accepte la ville qui m’accepte aussi, piste cyclable à l’appui.
J’ai calculé que je faisais en moyenne 120 kilomètres / semaine. Je ne vais plus au gym, et je ne prends plus une matinée pour aller courir.
Je prends approximativement le même temps qu’un bus sur des trajets de 5 kilomètres et moins, et deux fois moins de temps quand ça dépasse les 5km.
Je mange beaucoup, et je mange absolument tout ce que je veux, et j’ai commencé à perdre du poids (de la graisse).
Et je ne vous mentirais pas, ce n’est pas facile. Mais je crois que c’est une des raisons pour lesquelles j’aime ça.
Une dernière chose : en vélo, je suis libre.