Clique sur l’image plus bas, jeune étudiant en communication à l’Université de Montréal. En 2008, j’étais comme toi : jeune et insouciant, ne cherchant que le bien et avec une soif d’apprendre insatiable, alors que je commençais mon bac en com’. Je publie ici ce que j’aurais aimé recevoir de mes aînés plus tôt : un comparatif des cours que j’ai pris, par rapport à ce que j’aurais pris si c’était à refaire.
Quand je choisis de ne pas prendre un cours, considérez que je n’ai rien appris dedans, ou si peu.
Évidemment, tout ce que je publie ci-bas est éminemment subjectif et correspond à ma personne. Ca montre ce que j’ai réalisé que j’avais besoin d’apprendre, et qui n’était pas là dans le bac. Mais ça donne au moins une idée des cours à éviter.
Ah, et mon meilleur conseil pour tous les rédacteurs et journalistes de ce monde : à part si votre prof est super bon, vos cours seront un bien moins bon apprentissage que sur le terrain : Quartier Libre et ComMédia sont tes amis. Je dirais même que si tu prévoyais prendre un cours de journalisme, prend plutôt 4 cours et fais des articles pour QL, tu seras payé pour apprendre au lieu de l’inverse.
Ils sont maintenant légion et plus seulement des touche-à-tout.
Ils ne trouvaient pas la voix qui pouvaient leur correspondre,
Ou plutôt ils en trouvaient trop : sons / vidéos / réseautage / production / communication / photographie / design et encore un paquet de / …
Ce sont les artistes multiplateformes du XXI siècle bien sûr.
Dans leur rang, des branleurs, des travailleurs (frustrés) ou des superstars artistes. Des directeurs artistiques, des producteurs d’artistes et surtout, des gens qui font des clips tout joli sur Vimeo.
Un nouveau moyen d’expression pour eux : le webdocumentaire. Modèle novateur de documentaire qui mélange les genres : gonzo journalisme à la manga, documentaire animalier style Tarantino, tout reste à écrire. Ce documentaire que je vous présente ici, en plus d’être sympa et intéressant, et aussi remarquable par ce qu’il représente : une nouvelle manière de faire un reportage. Online.
PS : j’ai coupé la vidéo en embed pour ne pas qu’elle dépasse mais pour une expérience complète cliquez ici
Les évènements qui se déroulent actuellement au Japon sont terribles.
Un séisme d’une magnitude de 9,0 atteint le Japon, à la suite duquel un tsunami s’abat sur les côtes de l’Asie orientale, et un accident nucléaire se produit à la centrale de Fukushima Daiichi.
Je sais qu’il faudrait prendre du recul par rapport à de tels évènements avant de porter une quelconque lecture personnelle. Mais je voudrais saisir cette opportunité pour montrer que rien n’est innocent dans ce monde, et que l’interprétation que l’on peut faire de ces évènements est plus importante qu’on le pense.
Vous avez peut-être remarqué la barre supplémentaire que j’ai rajoutée sur le site, en rouge, tout en haut. Un bon moyen d’offrir un soutient au japonais, et de faire réfléchir le maximum de personnes sur ces questions.
Dans cet événement qui est en fait une accumulation de plusieurs crises, je crois qu’il faut analyser tout d’abord la crise du système économique actuel. Ce système se base sur une industrie énergétique essentielle, cruciale, un véritable système respiratoire. Le système économique actuel pousse à une consommation d’énergie toujours plus forte, parce que son but est l’accroissement économique perpétuel. On est bien d’accord ?
Or, un tel but infini dans un monde fini ne peut pas fonctionner éternellement, tout simplement. En fait, il n’aura perduré réellement que 100 ans pour l’humanité, durant ce XXième siècle marqué par la révolution industrielle.
Cette crise au Japon est avant tout nucléaire, et donc humanitaire. D’une part, parce que la présence du Big One, ce tremblement de terre inéluctable sur les terres nippones, était dans tous les esprits. Et le pays y était préparé, quoi qu’on en pense. La crise du séisme et du tsunami, bien que tragique, n’est à mon avis pas la plus importante. D’autre part, les tsunamis et les tremblements de terre sont des évènements naturels, et il est faux de croire que c’est de la malchance. On a vu ces dernières années des tremblements de terre au Honduras, en Chine, en Haïti, les tsunamis et séismes sont des phénomènes connus en Asie et particulièrement au Japon.
Ce que l’on doit aussi dénoter, c’est que les séismes sont un phénomène en accélération. Sur le lien précédent, on peut voir que depuis 1998, ça n’arrête pas. C’est probablement le fait aussi de l’hypermédiatisation contemporaine, je l’accorde. Ce que je pense aussi, mais ça n’est pas prouvé scientifiquement, c’est que cette accélération est le fait des dérèglements climatiques dû aux activités de l’homme, mêmes activités qui (tient donc) sont en cause avec la tragédie nucléaire actuelle.

Des officiers des Forces japonaises d'autodéfense se préparent pour nettoyer une zone contaminée à Nihonmatsu, mardi près de Fukushima. Crédits photo: Kyodo/Reuters. Trouvée sur lefigaro.fr
La crise de la centrale nucléaire de Fukushima qui se déroule à l’heure où j’écris ces lignes a été évaluée de « 6 sur 7 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques », selon l’INES. Un véritable Tchernobyl en devenir, sous nos yeux. Pourquoi si grave ? Parce que la concentration urbaine et démographique au Japon est l’une des plus fortes au monde : 337,3 habitants / km2 selon Wikipédia, À titre d’exemple, au Québec, on parle de 4,97 habitants / km2.
Alors voilà, évidemment, le débat sur le nucléaire est repartit pour un tour. À mon avis, le problème est ailleurs. Le nucléaire est une solution du « moins pire » pour répondre à une demande énergétique toujours plus forte. Ce qu’il faudrait remettre en cause, c’est la consommation d’énergie, et pas la manière de l’atteindre. Si on remonte à la source des problèmes, c’est bien de cela que l’on parle.
Niveau de vie ? Mode de vie ? Lifestyle ? Modèle de société ? Ce que l’on doit modifier se situe entre tous ces concepts. Ce qui doit changer, c’est la mentalité qui nous fait croire que tout est éternel, que ce que nous faisons n’a qu’un faible impact. Je crois que c’est une mentalité de simplicité et de modération qu’ultimement nous devrons trouver. Le problème énergétique, celui de l’eau, celui du transport ou encore de l’alimentation sont tous reliés à cette notion, qui dit que pour qu’un système humain social et collaboratif comme celui de nos sociétés actuelles fonctionne, il faut que l’ensemble de ses membres respectent une éthique de consommation qui, sous toutes ses formes, puisse permettre un retour à l ‘équilibre.
Le Japon risque de tout prendre en même temps : un séisme, à mon avis pas lié aux problèmes environnementaux mais en tout cas pas aidé par ceux-ci. Un le drame humanitaire et social, à l’ampleur encore virtuelle, et on verra dans peu de temps les bourses japonaises s’effondrer. Tout le système, d’un même élan, vacille. Je ne suis pas de ces altermondialistes qui veulent faire la révolution et changer le « méchant système capitaliste ». Mais je ne peux m’empêcher de dire : sommes-nous tellement le nez sur le problème que nous ne pouvons le voir ? Je ne crois pas qu’il faille changer tout le système, mais lui donner un nouvel objectif, une nouvelle philosophie, un nouveau souffle.
Parce que personne n’aime les catastrophes nucléaires. Personne n’aime les bourses japonaises qui chutent et l’argent des contribuables (via la Banque Japonaise) qui part là-dedans parce que l’argent fictif se transfert tellement vite qu’on perd 10% de ses actions en une matinée. Personne n’aime avoir la menace nucléaire dans les dents du jour au lendemain. Personne n’aime les défigurés de Tchernobyl.
Dans la lignée de mon dernier post, j’attire votre attention sur cet article du Monde : Wikileaks ou la troisième révolution.
Dans cet article on montre comment la contestation citoyenne et contre-gouvernementale a pris forme durant le XXième siècle. Et l’auteur, d’ajouter que la dernière révolution, c’est bien évidemment notre petit Julian Assange qui l’a faite, ce “terroriste numérique”, selon les mots de Joe Biden, premier ministre Etats-Unien.
Cette troisième révolution verrait l’apparition d’un cinquième pouvoir permis par l’énergie décuplé du partage numérique. Ce pouvoir, c’est celui du peuple, des citoyens (on ne sait plus vraiment).
Reste à savoir si le modèle démocratique va en souffrir, mieux s’en porter, stagner ou tout simplement exploser.
WikiLeaks est un site Web lanceur d’alerte, publiant des documents et des analyses politiques et sociétales. Sa raison d’être est de donner une audience aux fuites d’information, tout en protégeant ses sources.
En novembre 2010, le site affirme que : « [les] principes généraux sur lesquels notre travail s’appuie sont la protection de la liberté d’expression et de la diffusion par les médias, l’amélioration de notre histoire commune et le droit de chaque personne de créer l’histoire. Nous dérivons ces principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme. En particulier, l’article 19 inspire le travail de nos journalistes et autres volontaires. » – Wikipedia
Wikileaks fait partie de mes rêves de journaliste. C’est un genre de super-héros de l’information. Un père Noël de la démocratie.
Durant mon adolescence, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la politique en général, j’ai vite compris deux choses :
- je ne serais probablement jamais représenté par un candidat ou une voix politique qui me plaît ou me correspond
- la politique bien qu’elle soit synonyme de puissance et qu’elle puisse changer les choses était tellement saturée par les ambitions personnelles qu’elle perdait de sa force.
Mais Wikileaks, c’est quand même le Spiderman de notre New York City mondial. Depuis ses dernières révélations fracassantes, je lis chaque jour la Une du Monde et d’autres grands médias avec comme mention “Wikileaks révèle : …”
Et cela devient tellement évident que c’est Wikileaks qui nous donne toutes ces belles cachoteries que dernièrement, les journaux n’en font même plus mention.
Je crois que ça énerve beaucoup de gens au pouvoir. Les gouvernements tout d’abord, qui voient leurs “dirty little secrets” étalés sur la place publique. Les médias ensuite, qui se font voler la vedette. Julian Assange, fondateur et cerveau de Wikileaks, en sait quelque chose, il disait dans l’entrevue ci-dessous qu’il trouvait ridicule que ce soit Wikileaks qui fasse ces trouvailles alors que les journalistes du monde entier ne font qu’applaudir.
Et récemment, impossible en tout cas pour ma banale adresse IP du Canada d’accéder au site web de Wikileaks. Batman doit disparaître dans la nuit pour ne pas qu’on sache où se trouve sa tanière… Voilà pour la métaphore des super héros.
Pourtant, à bien y réflechir, Wikileaks est aussi une innovation qui va dans le sens des évènements. Ce sont ces satanés évolutions technologiques, rapides et sans état-d’âmes, qui ont changée la donne. Maintenant plus que jamais, vous avez probablement peur qu’on en sache trop sur vous avec ce nouveau profil Facebook qui montrera à qui le veut bien vos dernières photos publiées, votre lieu de naissance et votre emploi. Oui, en effet, le numérique n’oublie pas, mieux encore il compile des données que notre pauvre fonctionnement organique aurait bien du mal à récupérer de lui-même.
Mais : c’est aussi ce numérique devenu si puissant qui a permi à Wikileaks de stocker des informations confidentielles sur je ne sais quel serveur dans un paradis numérique.
Alors finalement j’en vient à penser qu’il était normal que Wikileaks apparaisse. Car pour chaque innovation socio-technique, pour chaque outil, c’est l’usage qu’on en fait qui détermine l’éthique de nos actions, et pas l’outil. Internet en est vraiment le meilleur exemple, puisqu’il y pullule les bons comme les mauvais exemples.
Ce que nous devons espérer, et ce que nous devons encourager, ce sont les bonnes pratiques évidemment. Et ce dont nous pouvons être sur, c’est qu’à l’avenir, c’est la transparence qui sera mise en avant par ces technologies, que vous le vouliez ou non. Et si à court-terme cela vous effraie, je pense personnellement que ce n’est pas quelque chose dont l’humanité devrait se passer…
… Ceci étant dit
Voici un très bon article du Post que je me permets de citer :
Sur le support internet comme ailleurs, la “transparence” érigée en dogme intangible relève malgré tout de la dictature des idéalités infantiles. Pourquoi ne pas le dire ? En la matière, il ne peut y avoir de règle absolue, pas de noir ou de blanc, mais du gris, tantôt sombre, tantôt clair… C’est ce qui explique que le journalisme est une chose bien trop sérieuse qui ne peut être confiée qu’aux seuls journalistes.
Et moi je dis oui et non, parce que peut-être que les journalistes sont les mieux placés pour donner de l’information, mais dans ce cas on suppose, comme l’auteur de cet article, qu’on préfère ” un non-dit qui protège à une vérité qui opprime “. Mouais. Faudra qu’on me dise quelle vérité opprime. La vérité personnelle ou individuelle ? Elle opprime celui qui l’a caché, et s’il l’a caché, il ne l’assume pas. Peut-être que si tout le monde pouvait assumer ses travers et ses erreurs, le monde se porterait mieux. Quelle oppression ? Depuis quand la vérité opprime ? Oui oui je sais, le droit à l’image, la vie privée… Ca n’existait pas dans les sociétés tribales, ça existait dans les sociétés modernes, on l’a perdu dans notre post-modernisme néo-tribale, ok, avalez-le maintenant…
Autre fait très important : le droit à l’oubli. Cela par contre sera une question juridique prépondérante dans les décennies à venir. Je vous laisse donc sur cette vidéo trouvé sur le site de la CINL, la Commission nationale de l’informatique et des libertés numériques.
Droit à l’oubli numérique: définition d’Alex Türk
envoyé par cnil. – L’actualité du moment en vidéo.
Hier après-midi, je suivais dans le cadre de mon cours Industries Culturelles une conférence du Secrétaire général du Conseil de Presse du Québec, M. Guy Amyot. Un homme très intéressant de par son expérience (le bougre a fait quasiment tous les métiers reliés de près ou de loin au journalisme) mais aussi de par sa réflexion professionnelle, la sienne et celle de son organisme, qui a pour objectif de réguler les questions déontologiques des journalistes.
En gros, le Conseil de Presse est un organisme statuant des décisions lorsque le public, les entreprises ou qui que ce soit se plaint lors de la parution d’un article, ou quoi que ce soit paraissant dans la presse, en prenant soin de voir si la déontologie journalistique a été respectée, ou bien encore le droit, parfois.
Je me permet de partager un schéma formidablement bon que Mr. Amyot nous a “piché dans ‘face” comme on dit ici. Ce truc était tellement novateur pour moi que je n’ai pas pu m’empêcher de continuer à y penser après la conférence :
Donc je vous laisse méditer là-dessus, je pourrais éditer le post si je vois que vous voulez plus d’explications sur ce modèle dans les commentaires…
Bon, en tout cas, voir un tel modèle m’a fait me questionner sur le cas de la France. C’est vrai, en France, on se targue sans vergogne d’être le pays de la presse, avec nos quotidiens forts, nombreux, divers, et engagés. On possède une très vieille tradition journalistique, la classe quoi. Et c’est au niveau européen qu’une Charte a été adoptée, selon Wikipédia, à Munich, en 1971. Je ne sais pas comment fonctionne cette Charte, et quel ogane peut trancher des décisions sur la presse. Aucune idée, zéro.
Mais je sais par contre ce qui se passe en France actuellement avec la presse. Voilà la première du site web du Monde ce matin :
C’est quand même beau tout ça, avouez. Imaginez le contraste quand j’ai vu les deux situations dans la même journée…
C’est peut-être pour ça qu’on constate toujours plus de français s’émigrer au Québec. C’est ce genre de différences, qui font la différence justement. En France, on frime avec notre presse, mais en réalité elle va mal. Au Québec, la presse fait petite mine mais elle possède une régulation exemplaire.
J’espère que ça va finir par tirer vers le haut dans l’hexagone, parce que quand même la presse est dans la merde, pour moi c’est un signe qu’il existe un réel problème. Et d’un autre côté, le fait de savoir qu’il existe des problèmes de la sorte dans la presse est aussi un signe qu’elle fait quand même bien son boulot. A suivre…
Jusqu’à maintenant, le choix était clair dans ma tête :
Je finissais mes études, je me trouvais un stage en journalisme, j’étais embauché par la suite, et la vie pouvait continuer son cours tranquille.
Seulement, je suis tombé sur un os entre temps :
Fin des journaux: « Je ne vois se dessiner qu’une information à deux vitesses »
C’est en surfant sur le site de l’école de journalisme de Lille que je suis tombé sur ce bouquin, puisque ceux-ci suggéraient, avant même de commencer la préparation au concours, que les étudiants se confirment à eux-mêmes une dernière fois si le journalisme était bien la voie professionnelle qu’ils voulaient suivre. Un conseil qui a su faire toute la différence dans mon cas.
Notamment avec cette tirade de Poulet :
Quel bilan faites-vous du débat lancé par votre livre depuis deux mois ?
Je pensais être attaqué comme le prophète de l’apocalypse mais cela n’a pas été le cas. Cela dit, les journalistes sont presque plus intéressés que les responsables de presse. Ils ont conscience des changements nécessaires pour leur métier. Même s’il risque d’y avoir beaucoup de casse sociale. Le côté optimiste, c’est qu’il y a de l’avenir pour le journaliste compétent, capable d’apporter une plus-value qui pourra se monétiser, pour céder à un anglicisme. A l’inverse, il y aura aussi de la place pour les petites mains de l’info en continu, comme dans le système Alain Weil, le patron du groupe Nextradio TV. Mais entre les deux, c’est l’euthanasie de la classe moyenne des journalistes.
Finalement, je me dis que oui, si vraiment c’est ce que j’ai envie de faire, je pourrais être compétent comme journaliste. Mais si je n’y arrive pas ? Faire toutes ces études, devenir si intelligent pour finir smicard et mal-aimé ? Dans un système qui de surcroît est en pleine révolution, où expérimentation rime avec restructuration et licenciements ?
Alors je sais, ce n’est pas un prophète, je ne devrais pas fonder mon avis sur un seul bouquin jeté dans l’arène comme ça. Pourtant je le sens au fond de moi que Poulet n’a pas tort. Justement parce que tout ce qu’il décrit, je le vis, comme pigiste comme lecteur et comme internaute.
Et vous, pensez-vous aussi que journaliste n’est pas un métier d’avenir ?